La résurrection, le hobby des éditions de La Différence

Je ne pensais pas qu’une de mes citations favorites servirait un jour au Projet Orphée. James Bond : Skyfall (2012) est décidément une ressource inattendue pour parler poésie.

James Bond : Everybody needs a hobby

Vilain : So, what’s yours ?

James Bond : Resurrection

Skyfall, 2012. Réalisé par Sam Mendes

Rappelez-vous, en 2012, la collection Orphée reprenait du service après un hiatus d’une quinzaine d’années. Hélas, en 2017, ce n’est pas seulement la mythique collection de poésie qui est en danger, mais la maison d’édition toute entière.

Elle a été alors placée en liquidation judiciaire, après une tentative de plan de redressement. Mais en février 2019, après deux ans de procédure, de ventes aux enchères (la maison d’édition est spécialisée en arts, elle a pu vendre des œuvres originales de Nikki Saint-Phalle, Miquel Barcelo et Jean Dubuffet), le tribunal a rendu sa décision. Les éditions de La Différence ont pu reprendre leur activité. (source Actualitté).

Depuis 2019, c’est le poète et traducteur Thierry Gillyboeuf qui a pris la relève de Claude Michel Cluny (1930-2015) à la direction de la collection Orphée. En janvier 2020, Jean-Pierre Archenoult devient le président de la maison.

Mise à jour du 27 octobre 2021

Recrutée cet été pour un ultime sauvetage des Editions de La Différence, la directrice littéraire Ariana Saenz Espinoza annoncé le 25 octobre que la maison d’édition est en cessation de paiement. D’après service public.fr, une entreprise en cessation des paiements doit demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire dans un délai de 45 jours au plus tard suivant la date de cessation des paiements.

Dans une entrevue pour le magazine Livres Hebdo, Ariana Saenz Espinoza regrette que «malgré tous ses efforts pour relancer cette maison d’édition sur un plan littéraire, malgré le travail fourni avec Thierry Gillyboeuf pour faire perdurer la collection « Orphée », pour faire vivre un projet éditorial porté pendant quarante ans par Colette Lambrichs notamment, le bateau coule dans la plus sordide des conditions. Un monde se brise définitivement aujourd’hui, mais nous le convoquerons ailleurs et autrement ».

Hormis un Deus ex machina du redressement, c’est donc la liquidation judiciaire qui attend l’entreprise, la deuxième depuis 2017.

Sources :

ActuaLitté

https://www.lemonde.fr/livres/article/2017/06/28/la-maison-d-edition-la-difference-placee-en-liquidation-judiciaire_5152563_3260.html