Mon Projet Orphée

Ce n’est pas ma bibliothèque initiale, mais c’est celle qui a émigré avec moi au Canada. Sans me vanter, je pense avoir la collection la plus complète de poésie Orphée de ce côté-ci de l’Atlantique.


Pourquoi encombrer Internet de mes notes de lecture ?

Il y a quelques années, j’ai rassemblé un peu moins de 200 recueils (tous achetés d’occasion) de la mythique collection de poésie de poche Orphée, avant que celle ci ne soit à nouveau commercialisée par son éditeur, La Différence.

Quand j’ai dû acheter une deuxième bibliothèque rien que pour ma collection de poésie (je possédais déjà une centaine de volumes, tous éditeurs confondus), je me suis rendue compte que je n’avais pas pensé au temps que prendrait la lecture de tous ces livres (sans compter les livres empilés plus ou moins en cours de lecture : ceux empruntés à la bibliothèque et les miens).

Calculons. A raison d’un recueil hebdomadaire, ça fait 3 ans et 10 mois de lecture. Un blog pour garder le cap, tenir le journal de bord, m’a semblé être ce qu’il me fallait pour conserver un rythme, et conserver ma motivation.

Puis, dès le deuxième article publié, je me suis rendue compte qu’il manquait quelque chose d’essentiel : la voix du poème.

Lire de la poésie c’est bien, l’écouter, c’est mieux.

Je me suis donc acheté un enregistreur, appris les bases du montage audio, et depuis, je suis perpétuellement à la recherche de locuteurs de persan, japonais, arabe, néerlandais, bengali, arménien…

Même si je ne comprends pas un seul mot de ces langues, j’entends le rythme et les sonorités que les poètes y ont insufflé. Ajouté à la version en français, ce sont deux voix des poèmes données à entendre sur Projet Orphée. Pour moi, les gens qui les lisent deviennent indissociables aux poètes qui les ont écrit.

Autrement dit, Hofmansthal aura pour toujours la voix de ma mère.