Poésie des frontières. Umberto Saba, Du Canzoniere

J’aime bien Umberto Saba parce qu’il vient de Trieste.

A Trieste, on est un peu latin (Italie), germanique (Autriche) et slave (Slovénie). Ajoutez quelques mouvements d’Histoire, et on comprend vite que la notion d’identité nationale ne dépend parfois que de quelques mètres dans l’une ou l’autre direction. Umberto Saba. Con licenza Pubblico dominio tramite Wikipedia - httpsit.wikipedia.orgwikiFileUmberto_Saba.jpg#mediaFileUmberto_Saba.jpg

Un peu comme à Strasbourg.  J’aime bien les villes situées sur des frontières. J’ai décidé il y a longtemps que les gens de frontières étaient intéressants.  Donc j’aime Umberto Saba. Et Claudio Magris, Italo Svevo (qui s’appelait en réalité Ettore Schmitz), Giorgio Voghera, Boris Pahor, James Joyce : ils ont tous marqués Trieste de leur passage.

Umberto Saba 2007-12. Con licenza Pubblico dominio tramite Wikipedia - httpsit.wikipedia.orgwikiFileUmberto_Saba_2007-12.jpg#mediaFileUmberto_Saba_2007-12.jpg

Pour en revenir à Saba, je lis Trieste dans chacun de ses pas. Chaque mot a le gout de Trieste, l’odeur de Trieste. Mais pour le son de Trieste, non. Tizianna, ma lectrice du jour, bien qu’italienne, vient du sud de la Calabre ; cette région est à Trieste ce que Marseille est à Lille. (Et le bébé qui donne vigoureusement de la voix, c’est Sarah).

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Du Canzoniere / Umberto Saba. Traduit de l’italien et présenté par Philippe Renard et Bernard Simeone. La Différence (Orphée), 1992.