« Il ne me sied pas de me faire plus petite que je ne suis. » Edith Södergran

A 17 ans, Edith Södergran (1892-1923) a su qu’elle mourrait jeune. Elle a la tuberculose, comme son père décédé deux ans plus tôt. Le reste de sa vie sera entrecoupée de périodes de soins, convalescences et rémissions. Mais toujours elle lit, écrit, publie, rencontre d’autres poètes. Bien que la mort et la douleur traversent son oeuvre, Edith Södergran a marqué la littérature scandinave avec sa … Continuer de lire « Il ne me sied pas de me faire plus petite que je ne suis. » Edith Södergran

Le poète Roger Bodart et sa petite-fille Florence Richter en 1970

Roger Bodart, la vérité des pierres

Minéral. C’est ma première impression à la lecture du recueil « La route du sel et autres poèmes » du poète belge Roger Bodart (1910-1973). On dirait que pour lui, la poésie est comme une pierre qu’il taille à coups de mots, la dépouillant de tout superflu, ce qui lui donne un sens de l’impératif mais aussi, curieusement, d’urgence. On l’entend bien dans les extraits lu par Florence … Continuer de lire Roger Bodart, la vérité des pierres

Philip Larkin, l’ami malgré lui

De Philip Larkin, on n’apprendra pas l’art de se faire des amis. Peu porté à socialiser, il n’était pas vraiment pressé d’accepter les invitations à dîner. Ought we to smile? Perhaps make friends ? No : in the race for seats You’re best alone. Friendship is not worth your while extrait du poème Autobiography at an air-station Réservé, solitaire et insatisfait Ce n’est pas qu’il … Continuer de lire Philip Larkin, l’ami malgré lui

Le jour où Rabindranath Tagore a découvert que son domestique était un être humain

Cette épiphanie lui est venue le jour où sa routine a été perturbée par le retard de son employé. Très irrité, Tagore fait de vertes remontrances à son domestique quand celui-ci finit par arriver. Ce dernier l’avertit du décès soudain de sa fille,  puis commence ses tâches habituelles en silence, ce qui coupe net Tagore dans sa colère. ll lui inspirera un beau poème lu … Continuer de lire Le jour où Rabindranath Tagore a découvert que son domestique était un être humain

Écrire et tenir salon : Anna de Noailles

Fany-un-seul-n (nièce de Gyordy, sœur de Vincent) est fascinée par les personnages charismatiques des communautés d’artistes des années soixante. Edie Sedgwick, Nico, Marianne Faithful : muses et égéries ont nourri l’art d’autrui, parfois au détriment de leur propres aspirations artistiques. Qui savait qu’Edie Sedgwick était diplômée en art ? Pas moi. On se rappelle d’elles par association, alors que certaines sont devenues artistes à leur … Continuer de lire Écrire et tenir salon : Anna de Noailles

6 fois Anna Akhmatova

Umberto Eco a dit que traduire, c’est ‘dire presque la même chose‘. Il parlait de l’opération de transformation et donc d’altération d’un texte d’une langue source vers une langue cible. Mais c’est valable aussi lorsque les traductions différent entres elles, comme c’est le cas pour les six versions françaises du Requiem. Presque est un mot qui invite les nuances. Voici cinq plus une, faite en … Continuer de lire 6 fois Anna Akhmatova

Poésie des frontières. Umberto Saba, Du Canzoniere

J’aime bien Umberto Saba parce qu’il vient de Trieste. A Trieste, on est un peu latin (Italie), germanique (Autriche) et slave (Slovénie). Ajoutez quelques mouvements d’Histoire, et on comprend vite que la notion d’identité nationale ne dépend parfois que de quelques mètres dans l’une ou l’autre direction. Un peu comme à Strasbourg.  J’aime bien les villes situées sur des frontières. J’ai décidé il y a … Continuer de lire Poésie des frontières. Umberto Saba, Du Canzoniere