Le roi David jouant de la harpe. Peinture Gerard van Honthorst 1592-1656. Musée d'Utrecht, Pays-Bas

Demander pardon comme un roi

Comment demander pardon à quelqu’un qui n’est plus en vie, sans parler de réparer ses torts ?

Genèse du 51è psaume

Deuxième roi d’Israël, David (env. 1040-970 av. n. è.) porte le poids de sa culpabilité et de ses remords. Musicien et poète, il compose le chant 50 ou 51 des Psaumes de la Bible (selon la traduction), où il décrit les affres d’une conscience tourmentée et d’un esprit accablé. Ses mots sont poignants et résonnent avec quiconque a connu une blessure morale et un sentiment de culpabilité profonde. 

Les circonstances

David a fait tuer Urie, le mari de sa maitresse Bethsabée. Quand Bethsabée est tombée enceinte de David, il a d’abord essayé de faire passer l’enfant à naitre pour celui d’Urie. Son plan a échoué. Il s’est ensuite arrangé pour faire placer Urie en première ligne d’une bataille avec pour instruction de le laisser sans protection au combat. Urie avait beau être un guerrier d’expérience, il n’avait aucune chance d’en sortir vivant.

David épouse Bethsabée. Meurtre couvert, adultère couvert. Mais Yahvé, Dieu d’Israël et auteur des 10 commandements, n’approuve pas : il envoie le prophète Nathan pour confronter le roi. Nathan est dans une situation délicate. Risque-t-il des représailles s’il met David face à ses actes ?

Nathan s’y prend indirectement. Lors de son audience auprès du roi d’Israël, le prophète rapporte un incident fictif -mais ça le roi ne le sait pas-, qui réveille le sens de la justice de David, et lui fait prendre conscience de la gravité de ses actes.

Le psaume en entier

On en revient à la question du début. À qui David demande-t-il pardon ? Le Roi d’Israël prie Dieu et l’implore humblement, conscient que lui seul peut voir la sincérité de son remords et de sa repentance.

Ô Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.

Psaume 51.19 (traduction Louis Segond)

Bien qu’il ne sera pas épargné par les conséquences de ses actes, il exprime son soulagement et sa reconnaissance pour avoir été écouté et pardonné. Comme les Psaumes sont littéralement des chants de louanges (sefer tehilim en hébreu), David loue donc Dieu pour son exigence de vérité et de justice, qui le pousse à s’améliorer en retour.

Ô Dieu ! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.

Psaume 51. 12 (Traduction Louis Segond)

Voici le Psaume 51 en entier avec sa version originale en hébreu (disponible sur Sefarim, le site du Grand Rabbinat de France), en français (traduction Louis Segond) et dans la traduction latine de la Vulgate par Jérôme de Stridon au 4e siècle.

J’ai d’abord pensé compiler toutes les versions françaises que j’allais trouver, mais j’ai abandonné l’idée quand j’ai compté autour d’une cinquantaine de traductions et traductions révisées rien qu’entre le 20 et 21e siècle !

versetoriginal hébreutraduction française de Louis SegondVulgate latine
1לַמְנַצֵּחַ, מִזְמוֹר לְדָוִד[Au chef des chantres. Psaume de David.][In finem psalmus David]
2בְּבוֹא-אֵלָיו, נָתָן הַנָּבִיא– כַּאֲשֶׁר-בָּא, אֶל-בַּת-שָׁבַע[Lorsque Nathan, le prophète, vint à lui, après que David fut allé vers Bath-Schéba.][cum venit ad eum Nathan propheta quando intravit ad Bethsabee]
3חָנֵּנִי אֱלֹהִים כְּחַסְדֶּךָ; כְּרֹב רַחֲמֶיךָ, מְחֵה פְשָׁעָיÔ Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ;Miserere mei Deus secundum magnam misericordiam tuam ; et secundum multitudinem miserationum tuarum dele iniquitatem meam
4הרבה (הֶרֶב), כַּבְּסֵנִי מֵעֲו‍ֹנִי; וּמֵחַטָּאתִי טַהֲרֵנִיLave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché.Amplius lava me ab iniquitate mea et a peccato meo munda me
5כִּי-פְשָׁעַי, אֲנִי אֵדָע; וְחַטָּאתִי נֶגְדִּי תָמִידCar je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi.Quoniam iniquitatem meam ego cognosco et peccatum meum contra me est semper
6לְךָ לְבַדְּךָ, חָטָאתִי, וְהָרַע בְּעֵינֶיךָ, עָשִׂיתִי:לְמַעַן, תִּצְדַּק בְּדָבְרֶךָ– תִּזְכֶּה בְשָׁפְטֶךָJ’ai péché contre toi seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement.Tibi soli peccavi et malum coram te feci ut iustificeris in sermonibus tuis et vincas cum iudicaris
7הֵן-בְּעָווֹן חוֹלָלְתִּי; וּבְחֵטְא, יֶחֱמַתְנִי אִמִּיVoici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché.Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum et in peccatis concepit me mater mea
8הֵן-אֱמֶת, חָפַצְתָּ בַטֻּחוֹת; וּבְסָתֻם, חָכְמָה תוֹדִיעֵנִיMais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi !Ecce enim veritatem dilexisti incerta et occulta sapientiae tuae manifestasti mihi
9תְּחַטְּאֵנִי בְאֵזוֹב וְאֶטְהָר; תְּכַבְּסֵנִי, וּמִשֶּׁלֶג אַלְבִּין. י תַּשְׁמִיעֵנִי, שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה; תָּגֵלְנָה, עֲצָמוֹת דִּכִּיתָPurifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.Asperges me hyssopo et mundabor ; lavabis me et super nivem dealbabor
10הַסְתֵּר פָּנֶיךָ, מֵחֲטָאָי; וְכָל-עֲו‍ֹנֹתַי מְחֵהAnnonce-moi l’allégresse et la joie, et les os que tu as brisés se réjouiront.Auditui meo dabis gaudium et laetitiam et exsultabunt ossa humiliata
11הַסְתֵּר פָּנֶיךָ, מֵחֲטָאָי; וְכָל-עֲו‍ֹנֹתַי מְחֵהDétourne ton regard de mes péchés, efface toutes mes iniquités.Averte faciem tuam a peccatis meis et omnes iniquitates meas dele.
12לֵב טָהוֹר, בְּרָא-לִי אֱלֹהִים; וְרוּחַ נָכוֹן, חַדֵּשׁ בְּקִרְבִּיÔ Dieu ! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.Cor mundum crea in me Deus et spiritum rectum innova in visceribus meis
13אַל-תַּשְׁלִיכֵנִי מִלְּפָנֶיךָ; וְרוּחַ קָדְשְׁךָ, אַל-תִּקַּח מִמֶּנִּיNe me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas ton esprit saint.Ne proicias me a facie tua et spiritum sanctum tuum ne auferas a me
14הָשִׁיבָה לִּי, שְׂשׂוֹן יִשְׁעֶךָ; וְרוּחַ נְדִיבָה תִסְמְכֵנִיRends-moi la joie de ton salut, et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne !Redde mihi laetitiam salutaris tui et spiritu principali confirma me
15אֲלַמְּדָה פֹשְׁעִים דְּרָכֶיךָ; וְחַטָּאִים, אֵלֶיךָ יָשׁוּבוּJ’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent, et les pécheurs reviendront à toi.Docebo iniquos vias tuas et impii ad te convertentur
16הַצִּילֵנִי מִדָּמִים, אֱלֹהִים– אֱלֹהֵי תְּשׁוּעָתִי:תְּרַנֵּן לְשׁוֹנִי, צִדְקָתֶךָÔ Dieu, Dieu de mon salut ! délivre-moi du sang versé, et ma langue célébrera ta miséricorde.Libera me de sanguinibus Deus Deus salutis meae et exsultabit lingua mea iustitiam tuam
17אֲדֹנָי, שְׂפָתַי תִּפְתָּח; וּפִי, יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָSeigneur ! ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange.Domine labia mea aperies et os meum annuntiabit laudem tuam
18כִּי, לֹא-תַחְפֹּץ זֶבַח וְאֶתֵּנָה; עוֹלָה, לֹא תִרְצֶהSi tu eusses voulu des sacrifices, je t’en aurais offert ; mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes.Quoniam si voluisses sacrificium dedissem utique holocaustis non delectaberis
19זִבְחֵי אֱלֹהִים, רוּחַ נִשְׁבָּרָה:לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה– אֱלֹהִים, לֹא תִבְזֶהLes sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé : Ô Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.Sacrificium Deo spiritus contribulatus cor contritum et humiliatum Deus non spernet
20הֵיטִיבָה בִרְצוֹנְךָ, אֶת-צִיּוֹן; תִּבְנֶה, חוֹמוֹת יְרוּשָׁלִָםRépands par ta grâce tes bienfaits sur Sion, bâtis les murs de Jérusalem !Benigne fac Domine in bona voluntate tua Sion et aedificentur muri Hierusalem
21אָז תַּחְפֹּץ זִבְחֵי-צֶדֶק, עוֹלָה וְכָלִיל;אָז יַעֲלוּ עַל-מִזְבַּחֲךָ פָרִיםAlors tu agréeras des sacrifices de justice, des holocaustes et des victimes tout entières ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.Tunc acceptabis sacrificium iustitiae oblationes et holocausta tunc imponent super altare tuum vitulos
les versions côte à côte en hébreu (depuis le site Sefarim du Grand rabbinat de France), français (Louis Segond) et latin (Vulgate de Jérôme de Stridon) du Psaume 51 sur Wikipedia

Et voici la traduction qui nous intéresse ici : celle que Blaise de Vigenère a fait en 1587 et qui a été reprise en 1989 dans la collection de poésie Orphée des regrettées éditions de la Différence. Attention, c’est du français du 16e siècle, le temps des verbes et le vocabulaire peuvent rendre perplexe et nécessiter l’usage d’un dictionnaire !

Psaume de David, quand le prophète Nathan vint à lui, après qu’il eut connu Bersabée.

1. Aie pitié de moi mon Dieu, – par ta grande miséricorde

2. Et selon tes mercis immenses, – efface mon iniquité

3. Lave moi d’abondant encore, – de ce forfait que j’ai commis, – et me nettoie de ma faute.

4. Car je reconnais mon délit ; – mon péché m’est toujours en face.

5. C’est toi seul que j’Ai offensé ; – et fait du mal en ta présence, – pour te faire trouver loyal, – et véritable en tes promesses ; – et quand l’on te voudra juger, – que tu obtiennes la victoire.

6. Voici que je fus engendré – en iniquités, et ma mère, -me conçut aussi en péchés.

7. Mais tu as aimé vérité ; – les secrets de ta Sapience, – u me les as manifestés.

8. Seigneur Dieu tu m’arroseras, – avec de l’hysope, et serai – nettoié ; tu me laveras, – et je blanchirai plus que neige.

9. Tu me donneras à ouïr, – plein consentement et liesse ; – et mes os tous élangorés, tressailleront de ce grand aise.

10. Couvre ta face à mes péchés ; – et raye toutes mes offenses.

11. Crée en moi un cœur pur et net ; – et renouvelle en mon courage, – une sincère intention.

12. Ne me bannis de ta présence ; – et ne m’ôte pas ton saint esprit.

13. Rends moi la joie accoutumée, – de ton salutaire promis ; – et m’assiste du principal, esprit plein de bénéficences.

14. Aux transgresseurs je montrerai, – la vraie adresse de tes voies ; – et à toi se convertiront, – les cœurs endurcis à malfaire.

15. Absous moi du sang répandu – à mon prochas, Dieu débonnaire ; et ma langue célèbrera, par tout haut et clair ta justice.

16. Seigneur tu ouvrira mes lèvres ; – et lors ma bouche annoncera, – les grands trésors des tes louanges.

17. Si c’eût été ton saint vouloir, – je t’eusse offert un sacrifice ; – mais tu ne prendras plus gré, – aucune offrande d’holocaustes.

18. Le sacrifice plaisant à Dieu, c’est un cœur saisi de détresse ; -une âme triste et pénitente, – tu ne l’auras point à mépris.

19. Montre toi bénin à Sion, -par ton saint vouloir pitoyable, à ce que les murs quelque jour, de Hiérusalem se refacent.

20. Adoncques tu accepteras, – le sacrifice de justice, – des victimes et oblations : – lors on mettra sur ton autel, – des hosties de louange.

Psaume 50 (51) de David, traduit par Blaise de Vigenère en 1587.

Une traduction singulière

Nous sommes vers la fin du 16e siècle. Le tout jeune mouvement protestant est là pour durer, malgré les sanglantes guerres de religion en France et en Europe. Depuis Genève, Jean Calvin a traduit et édité en 1543 une nouvelle version des Psaumes pour les nouveaux fidèles, avec le concours du prestigieux poète Clément Marot.

Blaise de Vigenère (1523-1596) reconnait la qualité de cette traduction, mais c’est un catholique. Il faut donc proposer une alternative catholique aux psaumes «concurrents» des protestants. Il n’est pas un homme d’Église, c’est un diplomate érudit, fin connaisseur des langues grecques et hébreu.

En plus du contexte politique de sa traduction (Contre-Réforme), il défend l’idée que les Psaumes sont des chants, donc de la poésie, et qu’il est tout a fait approprié que leur traduction soit poétique. Il offre de restituer cette qualité poétique dans sa traduction en «prose mesurée.»

Que si parfois se rencontrent quelques petits mots ajoutés au contexte, ou trop licencieusement traduits ; le premier s’excusera s’il vous plaît, sur le besoin qui en a été pour en rendre l’intelligence plus nette ; et pour la liaison des versets : et l’autre, que c’est ici une manière de poésie, qui requiert un peu de liberté et égaiement, que ne serait une oraison de tout solue (prose) : Joint aussi que cela part d’un Poète tel que fut David, orné et délicat en sa langue autant que nul fut onques (jamais, en un temps quelconque) en la sienne

Blaise de Vigenere, L’imprimeur aux lecteurs dans Psaumes pénitentiels de David tournés en prose mesurée, 1587.

L’idée de traduction poétique des Psaumes plait, mais pas celle de Vigenère. C’est finalement la version de de Philippe Desportes qui sera rééditée à de nombreuses reprises entre 1592 et 1629 pour servir de psautier aux catholiques.

Le premier recueil de la collection Orphée

Psaumes Pénitentiels, David. Traduits du latin par Blaise de Vigenère et accompagnés du texte hébreu. Édition établie et présentée par Ghislain Sartoris. Collection Orphée, La Différence, 1994. 126 p.

Cette sélection d’une quarantaine de psaumes écrits par David (il est l’auteur de 73 des 150 chants qui composent le Livre des Psaumes) traduite par Blaise de Vigenère est le premier recueil de poésie à être publié dans la collection Orphée, lancée en 1989 par les Éditions de La Différence.

Je n’ai pas trouvé d’explications ni de commentaires sur ce choix dans la presse culturelle de l’époque. La plupart des articles que j’ai pu lire se sont contentés de reprendre la raison d’être de la collection Orphée telle que la présente son directeur de collection, le poète Claude-Michel Cluny (1930-2015) :

La poésie est la première parole. Mythes, épopées, oracles, voix des mystères et des mystiques, puis de l’Amour, de l’indignation, de la révolte ou de l’humour, de la vie quotidienne et de la solitude. Introuvables ou retraduites, classiques ou contemporaines, familières ou méconnues, ce sont des voix innombrables que la collection Orphée souhaite faire entendre parce que plus que jamais elles sont nôtres.

Pour son histoire et son influence hors du commun, la Bible (incluant les Psaumes) occupe une place de choix dans le patrimoine de l’humanité. En dehors des Psaumes, plusieurs anthologies permettent d’apprécier la poésie juive, qu’elle soit d’inspiration spirituelle ou non.

Postérité des Psaumes dans la musique

Les Psaumes, particulièrement ceux de David, ont influencé deux cultures et deux religions. Les amateurs de musique classique et les cinéphiles sont familiers du Miserere d’Allegri, une pièce de musique sacrée pour chorale reprenant l’intégralité du Psaume 51 dans sa version latine.

Miserere Mei chanté par le choeur King’s College de Cambridge

Le compositeur contemporain Steve Reich a voulu replonger dans ses racines juives en musique avec Tehilim (1981), une œuvre qui rappelle que le latin d’église n’est pas la langue originale des Psaumes.

Tehilim, composé par Steve Reich en 1981

Dans sa langue originale, les psaumes sont appelés Sefer Tehilim (Le livre des louanges). Dans la culture juive, le Psaumes 51 est connu sous le titre Lev Tahor, d’un des passages du psaume «Donne moi un cœur pur» en hébreu. C’est sous ce nom qu’on trouve les interprétations chantées en hébreu.

Une interprétation moderne de Lev Tahor par Praises of Israel

Si vous n’avez jamais entendu d’extrait du Miserere ou Lev Tahor, vous avez surement entendu la chanson Hallelujah du musicien canadien Leonard Cohen, et plus probablement sa reprise la plus célèbre, par Jeff Buckley.

L’inspiration est plus discrète dans la chanson, mais il suffit d’être attentif aux paroles et de connaitre les références bibliques pour comprendre qu’il parle de David et Bethsabée.

Hallelujah dans la version de Jeff Buckley, sortie en 1994 dans son album Grace.
Hallelujah, la chanson originale de Leonard Cohen, sortie dans l’album Various Positions en 1984

Pour en savoir plus

Illustration du titre : Le Roi David jouant de la harpe (1622), par Gerrit (Gerard) van Honthorst  domaine public.